En collaboration avec le «Courrier Sud» (la série d'articles «Jeunes d'ici») et le Comité de l'exode
rural des jeunes de la MRC de Bécancour et la MRC Nicolet-Yamaska.
(Mise en page: ÉréTIC 2003)



Voyage, voyage…

 "Serge et Julie sont deux personnes vraiment courageuses et intéressantes.  J’ai toujours du plaisir à entendre leurs histoires, ça me donne l’impression de voyager avec eux." 
(Caroline Gagnon, sœur de Julie)
 

Il y a de cela neuf ans, Julie Gagnon, de Fortierville, et Serge Tousignant, de St-Pierre-les-Becquets, commençaient à se fréquenter. Ils allaient rapidement découvrir leurs passions respectives pour mieux bâtir des projets communs. Elle lui a donné le goût du voyage et lui, celui du vélo de randonnée.  

Pour Julie, cet intérêt était présent depuis longtemps.  Déjà,  elle avait visité pendant ses vacances la Californie, l’Ile-du-Prince-Édouard et Vancouver.  Elle avait même fait un séjour en Hollande, au cours de son année d’étude en techniques touristiques.  Même si elle a finalement décidé de s’orienter vers la musique et l’enseignement, il est resté en elle cette fascination pour les nouveaux horizons.  Serge, de son côté, entre ses études en techniques d’usinage et commandes numériques à Shawinigan et son travail à Acton Vale, développe un attrait pour la bicyclette.  Ainsi, il passe ses vacances et le plus de fins de semaines possible sur les routes, aux quatre coins du Québec, à pratiquer ce sport.  

Il n’en fallait pas plus pour que les deux prennent la décision d’aller à la découverte des chemins d’Europe. Pourquoi ce continent  et pas ailleurs? « Parce que les pays sont plus petits, plus proches et les cultures sont très différentes d’un endroit à l’autre.  De plus, pour le vélo, les infrastructures sont très développées », me disent-ils.  

Pendant trois ans, ils se sont préparés pour cette grande aventure.  Serge et Julie ont fait de nombreuses randonnées populaires et du vélo-camping, pour mettre au point les éléments techniques de leur voyage (bagages, nourriture, types de routes).  Ils ont aussi ouvert un compte conjoint pour amasser l’argent nécessaire à un tel projet et recherché des informations, via les ambassades et Internet, sur tous les pays qu’ils voulaient visiter.  

Ils débarquent donc à Genève le 2 juillet 2001 et débutent un périple sur roues de trois mois qui les mène dans cinq pays, soit la Suisse, l’Autriche, l’Allemagne, la Hollande et la Belgique.  C’est là que, malheureusement, les pluies automnales les rattrapent.  Sans pour autant perdre leur enthousiasme, ils entreposent les bicyclettes et prennent le train pour l’Italie, qu’ils visitent en entier, avant de remonter vers la France, où Julie a un coup de foudre pour Paris.  Ensuite, ils passent cinq mois en Angleterre pour travailler en hôtellerie, avec des collègues de diverses nationalités, et profitent de la semaine de vacances qui leur est offerte pour visiter l’Écosse. Leur contrat de travail terminé à l’hôtel, ils optent pour l’Espagne comme prochaine destination.  Ils y demeurent un mois, avant de traverser pour visiter le Portugal.  Puis, tranquillement, ils repassent à travers la France et reprennent l’avion à Bruxelles le 3 juin 2002.  

Leur bilan de cette épopée?  Plus que positif. «On avait des buts différents mais on s’est complété.  Pour moi c'est d'abord le sentiment de liberté de voyager à vélo qui me motivait.  Julie, elle, voulait voir les villes, puis finalement j’ai embarqué et j’ai découvert plein de choses».  Et Julie d’ajouter «Le vélo, je suis contente de l’avoir fait, puis j’ai aimé ça. Mais il faut dire que j’avais un bon compagnon : il était patient, il m’encourageait dans les moments plus difficiles» . Une fois de retour, ils ont repris leur vie professionnelle.  Julie enseigne maintenant la maternelle à Saint-Léonard-d'Aston et Serge a repris son ancien travail, sans être pénalisé sur le plan professionnel par cette année sabbatique.   Ils parlent de leurs pérégrinations européennes avec un brin de nostalgie, mais sans rien regretter. «J’ai eu l’impression de profiter de chaque instant, toujours, même plus que dans ma vie de tous les jours», m’avoue Serge.

Texte: Christine Brunelle  
Photo: Christine Brunelle  
Mise en page: Gidéon Zwygart du groupe ÉréTIC