VIRTUEL

À part sa passion, le tennis sur table, Anne aime bien lire, aller au cinéma et voir ses amis. Elle a fréquenté notre école de 1992 à 1997 et, selon ce qu'elle nous a dit, elle a beaucoup aimé ça. Par la suite, elle a été au collège de l'Assomption pour un DEC en sciences de la nature. En ce moment, elle fait un doctorat en optométrie à l'Université de Montréal.  Elle lui a fallu jumeler les études et le sport. 

«Ça demande beaucoup de discipline, mais je pense qu'avoir fait du sport m'a appris à travailler et à me concentrer. Au secondaire, je manquais de nombreuses semaines d'école, alors il était très important que je sois attentive en classe. Aujourd'hui, c'est un peu plus difficile, car mon programme exige beaucoup d'étude, mais je m'en sors bien quand même».

 Elle n'a pas d'idole en particulier, mais elle aime bien le style des joueuses européennes. Elle a eu la chance de pratiquer avec Tamara Boros, en Hongrie et elle avoue qu'elle a un point faible pour elle. Elle trouve aussi que les Chinoises sont très impressionnantes par leur régularité.

C'est son frère qui l'a attirée vers le tennis sur table. Il jouait dans le sous-sol et il lui a demandé d'essayer : elle a adoré cela tout de suite. Elle avait alors 9 ans.  À 10 ans, elle s'est inscrite au club Les Outardes de Gentilly  et elle a pris des cours pour pouvoir participer aux Jeux du Québec. Elle a eu la chance d'y participer et a remporté la victoire dans la catégorie 10 ans filles. Dès ce moment, elle eut la piqûre pour le tennis sur table et elle s'est mise à aimer gagner. 

 

Elle a eu plusieurs entraîneurs au cours de sa carrière, car elle a fait partie de plusieurs clubs. Aux Outardes, Roger Allard était l'entraîneur-chef . Puis son père, Yves Boissonneault, a commencé à entraîner. Comme le nombre d'heures de pratique à ce club n'était pas suffisant, elle a dû aller s'entraîner à Drummondville, Sherbrooke, Québec et Repentigny. En troisième et quatrième secondaire, elle se rendait à Repentigny 3 fois par semaine. Elle en remercie d'ailleurs son « papa adoré » sans qui cela n'aurait pas été possible. Une fois au cégep, elle a déménagé à Repentigny pour faire partie du club TOPS où l' entraîneur-chef était Rodrigue Bédard. Ensuite, elle a déménagé à Montréal (université) et elle a joué avec le club Letendre et Ionel Sporea comme entraîneur. Maintenant, elle s'entraîne au club Prestige sous la direction de Jean-Baptiste Bertrand. Pendant toutes ces années, elle a fait de nombreux séjours au centre national à Ottawa où elle a travaillé beaucoup avec l'entraîneure nationale, Mariann Domonkos.

Au début, elle n'avait que des pratiques de quelques heures par semaine. Puis, graduellement, elle a commencé à augmenter son volume d'entraînement. Au centre d'excellence de Repentigny, elle s'entraînait 7 à 8 fois dans la semaine et elle avait des compétions ou des stages 2 à 3 fins de semaine par mois. Elle s'entraînait à 7 h 00 le matin avant d'aller à l'école et le soir. Chaque pratique en gymnase se terminait par de l'entraînement physique. Maintenant, elle dispose de beaucoup moins de temps pour ses pratiques à cause de ses études. Elle essaie de jouer 3 à 4 fois par semaine, mais elle n'y arrive pas toujours. Elle parvient tout de même à maintenir son niveau de jeu. Sa priorité demeure tout de même ses études parce qu'elle est consciente qu'elle ne peut pas faire sa vie en jouant au tennis de table et elle tient à se préparer un bel avenir. 

Anne a participé à de nombreux tournois. Elle trouve très motivant de participer à des compétitions car cela lui permet d'évaluer son amélioration. « On peut facilement évaluer notre niveau de jeu de fois en fois », explique-t-elle. Elle croit que tous les athlètes ont soif de victoires et que c'est vraiment important de participer à beaucoup de tournois. On peut alors se fixer de nouveaux objectifs. 

«J'ai appris à perdre, mais à gagner également, dans le respect des autres athlètes. J'ai aussi appris à gérer mon stress, à me concentrer, à rester positive, à croire en moi... Voilà des atouts qui me serviront pour toujours dans la vie quotidienne», nous dit-elle. 

Présentement, dans les tournois, elle se classe environ dixième au Canada chez les femmes. Son meilleur rang a été deuxième junior et septième senior. Elle a connu des bons tournois, mais aussi de moins bons. « Il m'arrive aussi de connaître une période plus difficile où je ma classe sous mon rang. C'est tentant alors de se décourager, mais il faut apprendre à se relever et à travailler encore plus fort pour ne plus que ça arrive.»

Ses projets pour cette année sont de participer à la Coupe Canada, une ligue qui regroupe les meilleurs joueurs au pays. Elle espère bien performer à ces tournois, de même qu'au Championnat Canadien Sénior, tout cela sans négliger les circuits québécois. À plus long terme, elle aimerait peut-être s'impliquer en tant qu'entraîneur. À partir du moment où ne pourra plus pratiquer beaucoup, elle va commencer à jouer simplement pour se détendre et s'amuser.  

Elle a participé à une dizaine d'événements internationaux qu'elle a adorés. « C'est toujours agréable de représenter le Canada dans un autre pays car non seulement c'est enrichissant au point de vue tennis sur table, mais également parce qu'on apprend à connaître différentes cultures, différentes façons de vivre», affirme-t-elle. Cet été, elle a fait un séjour d'un mois en Asie. D'abord, elle est allée en Corée du Nord . Elle dit : «C'est particulier de voir comment les gens vivent dans un pays communiste.» Puis, elle a passé deux semaines à Beijing, en Chine, pour les Jeux Universitaires. Elle a trouvé ça génial. C'est la compétition de plus grande envergure à laquelle elle a participé : 7000 athlètes dans différents sports représentant 165 pays. Elle garde aussi des souvenirs incroyables des championnats canadiens, car il y règne un esprit d'équipe très fort.

Pour conclure, Anne aimerait continuer à jouer au ping pong encore longtemps, car c'est un sport qu'elle adore, mais dans les prochaines années, ce sera plus difficile à cause des études et de sa nouvelle profession.  Pour les personnes qui voudraient faire du sport, elle donne le conseil suivant : 

 

«Je vous dis de foncer sans hésiter et de vous dépasser. C'est tellement gratifiant de sentir qu'on est allé au bout de soi. Selon moi, le sport est une belle école de vie. Vous y développez des valeurs et des qualités qui vous restent toute votre vie. Et ce, peu importe le niveau que vous atteignez. Ne vous comparez surtout pas aux autres, mais à vous-même, à votre propre potentiel. Investissez-vous à fond et soyez satisfait de ce que vous accomplissez, peu importe le domaine. Surtout, soyez heureux dans ce que vous faites.»

 

Anne a réalisé beaucoup de choses mais, sans sa famille, elle n'aurait pas pu vivre de telles expériences. Celle-ci l'a toujours appuyée dans la pratique de son sport.

 

Réalisation : Steve Baril du groupe Érétic
(Revu et corrigé)